Le contexte
Leadformance est une filiale du groupe SoLocal. L'entreprise s'est construite autour d'un produit unique (un Store Locator, cette brique qui permet à une enseigne d'envoyer ses clients vers la bonne boutique), puis a progressivement récupéré d'autres projets au sein du groupe. Aujourd'hui, c'est une équipe d'une trentaine de personnes : des développeurs, des Product Owners, des designers, quelques prestataires.
Ce qui rend ce cas intéressant, c'est que l'équipe n'avait pas besoin d'être convaincue. Elle utilisait déjà l'IA agentique au quotidien, depuis plusieurs mois, avec Copilot. Elle avait même traversé les frictions qui découragent la plupart : le passage forcé de l'abonnement à la facturation à l'API, imposé par Microsoft, et la gestion d'une consommation qui devient soudain une ligne budgétaire à surveiller. Pour garder la main sur les modèles et en tester de nouveaux, elle était passée par Open Code.
Autrement dit : le plus dur semblait fait. L'outillage était en place, les réflexes aussi, et le budget contraint poussait vers des modèles légers : beaucoup de Haiku et de Sonnet, rarement Opus, jamais les modèles de raisonnement les plus lourds.
Et les résultats étaient là. L'équipe allait environ deux fois plus vite qu'avant l'IA agentique. C'est considérable. C'est le genre de gain qu'une direction technique signerait sans hésiter.
×2c'était déjà le gain constaté AVANT la formationLe défi
Sauf qu'un doublement de vitesse, quand on vous promet dix fois plus, ressemble surtout à une promesse non tenue.
C'est exactement le sentiment de Kévin Creix, le CTO de Leadformance : son équipe progressait réellement, mais il ne voyait pas arriver le changement de nature dont tout le monde parlait. Une amélioration, oui. Une bascule, non.
Il a assisté à l'une de mes conférences sur l'IA agentique. J'y expliquais deux choses que j'assume entièrement, et qui font généralement lever un sourcil dans la salle : que je ne relis plus de code depuis plusieurs mois, et que je travaille aujourd'hui entre dix et vingt fois plus vite qu'avant. Pas deux fois. Dix à vingt.
L'écart entre son ×2 et mon ×10 posait une question simple : est-ce que la promesse est exagérée, ou est-ce qu'il manque quelque chose à son équipe ?
Ma conviction, et c'est ce que ce cas illustre : il ne manquait pas un outil, il manquait une méthode. Donner un modèle de langage à une équipe de développeurs sans lui transmettre les pratiques qui vont avec, c'est livrer un IDE sans parler de refactoring. Les gens s'en servent, ils vont plus vite, et ils plafonnent très en dessous de ce que l'outil permet, parce qu'ils l'utilisent comme une version améliorée de ce qu'ils faisaient avant, au lieu de changer leur façon de travailler.
C'est un schéma que je retrouve dans presque toutes les équipes déjà équipées, et que je détaille dans ce retour sur le déploiement de l'IA dans une équipe de 40 personnes.
Mon approche
Construire la plateforme avec ce qu'elle enseigne
À la suite de la demande de Kévin, et de plusieurs autres marques d'intérêt, j'ai monté une plateforme de formation à l'IA agentique : programme structuré, supports, quiz de validation, suivi des participants, évaluations à chaud et à froid.
Je l'ai construite en quelques jours. Avec l'IA agentique.
Ce détail n'est pas une coquetterie. C'est la démonstration la plus courte que je connaisse : la plateforme qui sert à enseigner la méthode est elle-même le produit de cette méthode. Les participants apprennent sur un outil qui prouve, par son existence, ce qu'on est en train de leur raconter.
Deux jours, fin juillet 2026, treize personnes
La session s'est tenue les 28 et 29 juillet 2026, pour douze développeurs et un Product Owner. Le volet Qualiopi était porté par Norsys.
Le programme couvrait quatre demi-journées :
- Jour 1, matin : la mémoire du projet et l'art du dialogue avec un agent, puis un atelier de mise en place du répertoire
docs/qui sert de socle à tout le reste. - Jour 1, après-midi : monorepo et features verticales, puis les experts, les audits et la génération de stories.
- Jour 2, matin : Claude Design, du business plan aux maquettes, et la façon de démarrer proprement un nouveau projet.
- Jour 2, après-midi : le test harness à trois niveaux, le loop engineering, et une session dédiée aux objections qu'on entend dans toutes les entreprises : consommation énergétique, souveraineté, gestion des incidents.
Chaque demi-journée se terminait par un quiz de validation.

L'imprévu, et ce que j'en ai fait
Les ateliers pratiques se sont heurtés à un mur : les crédits Copilot des stagiaires étaient épuisés. Impossible de faire tourner les exercices comme prévu.
Plutôt que d'étirer ce qui restait praticable, j'ai rééquilibré le programme en direct et ajouté des sessions de démonstration qui n'étaient pas prévues, notamment sur Claude Design et le loop engineering. Les participants connaissaient déjà les bases, ils ont donc gagné en profondeur ce qu'ils perdaient en manipulation.
Je le mentionne parce que c'est un point de vigilance réel pour qui veut former ses équipes : vérifiez les quotas avant la session, ils sont devenus la première cause d'atelier qui tourne court.

Le moment qui a fait basculer la salle
Le dernier jour, j'ai ouvert un projet en cours devant eux : Coopo, une application du secteur médical (web, native et desktop) réalisée en quelques semaines, qui venait tout juste d'être commercialisée. Je préparais sa version 1.1, forte de plus d'une centaine de stories.
Je leur ai montré le déroulé réel, sans montage : comment j'avais défini le périmètre précis en une après-midi avec Claude Code, fait générer la centaine de stories, appliqué le loop engineering pour les implémenter, puis obtenu un artefact contenant l'intégralité de la suite de tests manuels permettant de valider les développements.
C'est là que la salle a décroché, dans le bon sens. Parce que le calcul se fait tout seul : ce qui venait d'être produit en moins de deux jours représentait, dans une conduite de projet classique, l'équivalent de dizaines voire de centaines de jours-homme.
La différence entre ×2 et ×10 avait cessé d'être une affirmation de conférencier. Elle était devenue une démonstration.
Les résultats
Je les ai revus à travers Kévin, une semaine avant l'écriture de ces lignes. Son verdict : la formation a transformé l'équipe et son usage de l'IA agentique.
Le chiffre qu'il avance : l'équipe est aujourd'hui entre cinq et dix fois plus rapide qu'avant l'ère de l'IA agentique, contre deux fois avant ces deux jours.
Je préfère être précis sur ce que vaut ce chiffre : c'est une estimation, pas une mesure. Kévin n'a pas encore l'instrumentation qui permettrait de le calculer finement, et il en a fait l'un de ses prochains chantiers. Un ordre de grandeur assumé par un CTO qui connaît ses équipes vaut mieux, à mes yeux, qu'un pourcentage à la décimale que personne ne sait reproduire.
Les indicateurs de la session, eux, sont mesurés :
8,8/10satisfaction à chaud, 13 réponses sur 13 participants- 9,3/10 et 9,2/10 de moyenne aux deux quiz du premier jour, 15/17 au quiz final.
- Les retours les plus fréquents : rythme adapté, exemples utiles, format interactif.
Et après
C'est la partie que je trouve la plus intéressante, et c'est pour elle que ce cas porte son titre.
Quelques mois après la formation, Kévin n'a plus de problème de vitesse de développement. Il a un problème de déséquilibre.
Ses développeurs produisent désormais tellement vite que le reste de la chaîne produit se retrouve en difficulté. L'équipe technique doit ajuster ses sprints en permanence (en glissant du refactoring, en absorbant de la dette) pour que la conception, la spécification et le design puissent suivre le rythme.
C'est le contre-coup logique d'une accélération réussie, et presque personne ne l'anticipe : on n'accélère jamais une équipe, on accélère un maillon. Et un maillon plus rapide ne rend pas la chaîne plus rapide, il déplace simplement l'endroit où elle se bloque. Tant que les Product Owners et les designers travaillent au rythme d'avant, le gain des développeurs se transforme en attente.
La conclusion que Kévin en tire est la bonne, et c'est exactement là que se joue la suite : il faut faire passer le même cap au reste de la chaîne. L'IA agentique n'est pas un outil de développeur, c'est un outil de conception, de rédaction, de design et de décision : j'ai écrit ailleurs pourquoi le code, le deck et la roadmap deviennent des artefacts, et pourquoi la valeur se déplace en amont.
Cette session dans une filiale du groupe SoLocal a ouvert des discussions pour d'autres formations au sein du groupe.
Si votre équipe utilise déjà l'IA agentique sans voir le changement de nature qu'on lui promet, c'est probablement qu'il lui manque la méthode, pas l'outil. C'est précisément ce que couvrent mes formations à l'IA agentique, et l'accompagnement au déploiement quand il s'agit d'embarquer toute une organisation.
Ce qu'en dit le client
Kévin Creix
Rémi a accéléré le passage à l'IA agentique de l'ensemble de nos développeurs, nous faisant gagner plusieurs semaines d'adaptation et d'expérimentation. Sa formation combine parfaitement théorie et pratique, avec de nombreux tips & tricks directement applicables au quotidien. Le tout est enrichi d'anecdotes et de retours d'expérience qui rendent la session aussi instructive que plaisante. Un grand merci pour cette montée en compétence express !

