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Les 30 premiers jours d'une mission de CTO fractionnel

Rémi Alvado
Rémi AlvadoCTO & CPO Fractional · 20 ans d'expérience
Publié le•5 min de lecture

Mission de CTO fractionnel : ce qui se cadre dans les 30 premiers jours, avant de toucher au code. Accès, rituels et périmètre de décision.

Les 30 premiers jours d'une mission de CTO fractionnel

Une mission de CTO fractionnel commence rarement dans le calme. Le fondateur a longtemps attendu avant de se décider, les sujets en retard se sont empilés, et il espère des résultats visibles dès la première semaine. C'est précisément la pression à laquelle il ne faut pas céder : ce qui se joue pendant le premier mois, c'est le cadre dans lequel tout le reste va se décider.

Les 30 premiers jours d'une mission de CTO fractionnel servent à cadrer, pas à coder. On récupère tous les accès au nom de l'entreprise, on installe deux ou trois rituels courts avec le fondateur et l'équipe, et on écrit noir sur blanc ce que le CTO décide seul. Le diagnostic et le plan arrivent à la fin du mois, pas avant.

Ce format et ses usages sont détaillés dans le guide complet du CTO fractionnel. Si vous accueillez un CTO en CDI, la logique est différente, et je la décris dans intégrer son premier CTO sur les 100 premiers jours. Ici, on regarde le démarrage d'une mission bornée, à raison d'un à trois jours par semaine.

Un mois de mission, c'est huit à douze jours de présence

C'est la contrainte qui change tout par rapport à une prise de poste. Un CTO salarié dispose d'une vingtaine de jours ouvrés dans son premier mois ; un CTO fractionnel à deux ou trois jours par semaine en a huit à douze. Chaque journée perdue à réclamer un mot de passe ou à attendre un rendez-vous représente une part importante du mois. Le cadrage n'est pas une formalité administrative : c'est ce qui rend ces quelques jours productifs.

8 à 12 joursde présence effective sur un premier mois de mission, à deux ou trois jours par semaine

L'autre différence tient à la fin. Une mission fractionnelle a une sortie envisagée dès le départ, et tout ce qui est posé le premier mois doit pouvoir tenir sans le CTO. C'est pour cela que je documente dès la première semaine ce qu'un salarié garderait en tête : les accès, les décisions prises, les engagements en cours.

Semaine après semaine : ce qui se cadre

Les accès, au nom de l'entreprise

Hébergeur, dépôt de code, nom de domaine, comptes des outils, contrats des prestataires : je vérifie d'abord que l'entreprise possède tout, avec des droits d'administration nominatifs. C'est souvent le premier constat de la mission. Un compte d'hébergement ouvert au nom d'un ancien freelance ou un nom de domaine rattaché à la carte bancaire d'un associé parti se découvrent ici, et pas le jour d'une panne.

Les rituels, courts et fixes

Trois rendez-vous suffisent. Un point hebdomadaire avec le fondateur, toujours au même créneau, pour les arbitrages et les engagements pris dans la semaine. Une présence au rituel d'équipe qui existe déjà, plutôt qu'un nouveau à inventer. Et une règle écrite pour les jours d'absence : qui peut me joindre, pour quel type de sujet, et ce qui attend le prochain jour de présence.

Le périmètre de décision, sur une page

Ce que je décide seul : les choix techniques réversibles, la validation des livraisons, l'organisation du travail de l'équipe. Ce qui se décide avec le fondateur : les recrutements, le changement d'un prestataire, le budget technique. Ce qui reste au fondateur : les priorités produit et les engagements commerciaux. Une page, relue ensemble, puis présentée à l'équipe.

Le diagnostic et le plan

En fin de mois, restitution au fondateur : l'état du produit, les risques, l'équipe, et un plan en trois horizons (ce qui se traite maintenant, dans le trimestre, plus tard). C'est la logique d'un audit technique, à une différence près : il n'est pas livré puis rangé, il devient la feuille de route de la mission elle-même.

L'ordre compte. Sans les accès, le diagnostic repose sur ce qu'on veut bien vous montrer. Sans les rituels, les décisions se prennent dans des messages dispersés que personne ne retrouve. Sans le périmètre écrit, chacun interprète le rôle à sa manière, et le premier désaccord devient une question de légitimité plutôt qu'une question technique.

Ce que je ne touche pas pendant le premier mois

Pas de refonte, pas de changement de langage ou d'hébergeur, pas de départ décidé, pas de prestataire remercié. Non pas parce que ces décisions sont exclues, mais parce qu'elles se prennent mal avant d'avoir compris pourquoi les choses sont comme elles sont. Un code qui paraît bricolé répond parfois à une contrainte client que personne n'a documentée. Un développeur jugé lent porte parfois seul la moitié du support.

Je ne code pas non plus pour prouver ma valeur. La tentation existe, d'autant que le fondateur y verrait un résultat tangible. Mais un CTO fractionnel qui passe ses premiers jours sur une fonctionnalité en retard achète une satisfaction immédiate au prix du cadrage, et ce cadrage se rattrape très mal une fois la mission lancée.

Ce que le fondateur prépare, et les signaux d'un démarrage raté

Une bonne partie de ce premier mois se gagne avant qu'il commence. Le fondateur peut rassembler les accès qu'il connaît, lister les engagements déjà pris (une date promise à un client, une fonctionnalité annoncée à un investisseur) et annoncer lui-même l'arrivée du CTO à l'équipe, rôle compris. Ce dernier point pèse lourd quand une équipe interne existe déjà, et j'y consacre un article entier : faire venir un CTO fractionnel sur une équipe déjà en place. Si la mission démarre après le départ d'un CTO, la liste est celle des 90 jours qui suivent un départ de CTO, en plus urgent.

Quelques signaux, vers la troisième semaine, disent que le démarrage dérape : des accès toujours en attente, aucune page de mandat relue, un fondateur qui continue d'envoyer ses demandes directement aux développeurs, ou un CTO absorbé par l'urgence du jour qui n'a encore rien écrit. À ce stade, chacun se corrige en une conversation. Trois mois plus tard, il faut souvent reprendre la mission presque à zéro.

Enfin, un premier mois bien mené prépare déjà la sortie. Des accès rattachés à l'entreprise, des décisions écrites et des rituels qui tournent sans le CTO sont exactement ce qui permet, le moment venu, de sortir d'une mission de CTO fractionnel proprement.

Et maintenant ?

Où en êtes-vous ?

Choisissez la situation qui vous ressemble. Pour chacune : ce que je vous conseille de lire, et ce que je peux faire avec vous.

  1. Personne en interne ne sait arbitrer la technique

    Les choix se prennent sans vous, et vous en découvrez les effets après coup.

  2. Mon prestataire est le seul à connaître mon produit

    Personne en interne ne sait reprendre le code ni les serveurs.

  3. Je dois recruter mes premiers profils techniques

    Le premier recrutement conditionne tous les suivants.

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