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Cabinet de recrutement ou chasse directe pour un CTO

Rémi Alvado
Rémi AlvadoCTO & CPO Fractional · 20 ans d'expérience
Publié le•5 min de lecture

Cabinet de recrutement pour un CTO ou chasse en direct ? Quand le cabinet fait gagner du temps, quand il fait perdre les bons profils, et comment choisir.

Cabinet de recrutement ou chasse directe pour un CTO

Recruter un CTO prend du temps, beaucoup de temps, et c'est souvent à ce moment qu'on se tourne vers un cabinet de recrutement. L'idée est séduisante : confier la recherche à des professionnels et récupérer une short list quelques semaines plus tard. Parfois, c'est exactement la bonne décision. Parfois, c'est ce qui vous fait passer à côté du profil qu'il vous fallait.

Passez par un cabinet de recrutement pour un CTO quand le profil est rare, que vous manquez de réseau technique et de temps, et que des honoraires de 15 à 25 % du salaire annuel sont absorbables. Si votre réseau peut recommander des profils, recrutez en direct : les meilleurs CTO arrivent souvent par cooptation, et un cabinet mal briefé les écarte.

Ce choix n'est qu'une étape d'un chantier plus large, décrit dans le guide pour construire son équipe tech et produit. Pour le processus complet, de la décision de recruter à la signature, voyez comment recruter un CTO. Ici, on regarde uniquement la question du canal : déléguer la recherche ou la mener soi-même.

Trois façons de mener la recherche

Tous les cabinets ne se valent pas, et « recrutement direct » ne veut pas dire « publier une annonce ». Voici ce que chaque option achète réellement.

Le cabinet généraliste

Il recrute des directeurs financiers, des commerciaux et des CTO avec la même méthode : un brief, une recherche par mots-clés, des entretiens de personnalité. Il sait vendre votre poste, mais il ne sait pas distinguer un CTO capable de structurer une équipe d'un développeur senior qui porte le titre. Vous payez pour un tri que vous devrez refaire.

Profil rare, réseau absent

Le cabinet spécialisé en profils tech

Il connaît le marché, les rémunérations, les CTO en poste qui pourraient bouger. Les meilleurs ont eux-mêmes un passé technique, ou s'appuient sur un évaluateur qui en a un. C'est un vrai gain de temps quand vous partez de zéro, à condition de le briefer précisément et de rester impliqué.

Réseau activable

La chasse en direct

Vous activez vos investisseurs, les CTO de votre écosystème, vos anciens collègues. Plus lent à démarrer, plus exigeant en temps de fondateur, mais c'est le canal qui produit les recommandations les plus fiables. Et vous rencontrez vous-même les candidats dès le début, ce qui change tout pour un poste de cette importance.

Le fil rouge : aucun cabinet ne vous dispense de savoir ce que vous cherchez. Si le profil n'est pas clair pour vous, il ne le sera pas davantage pour eux, et vous recevrez une short list de CV qui cochent des cases sans répondre à votre vrai besoin.

Quand le cabinet fait gagner du temps

Le cabinet se justifie pleinement dans quelques situations bien identifiées. La première : vous n'avez aucun réseau technique, vos investisseurs non plus, et vous ne savez pas par où commencer. La deuxième : le profil est réellement rare, par exemple un CTO de scale-up qui a déjà fait passer une équipe de quinze à cinquante personnes dans un secteur réglementé. Là, un cabinet spécialisé connaît souvent les dix personnes pertinentes en France, et vous fait gagner des mois.

La troisième situation est celle de la recherche confidentielle. Vous voulez remplacer un CTO encore en poste, ou préparer une succession sans alerter l'équipe : un intermédiaire discret est alors précieux. Si le départ est déjà acté, la façon de traverser cette période est décrite dans les 90 jours après le départ d'un CTO.

Enfin, en scale-up, le calcul change. Le temps d'un CEO qui mène une levée ou un board exigeant vaut plus cher que les honoraires, et un recrutement qui traîne a un coût direct sur la roadmap. C'est d'ailleurs en scale-up que la question « quel cabinet choisir pour recruter un CTO ? » revient le plus souvent.

Quand il fait perdre les bons profils

Le premier mécanisme est le filtrage. Un cabinet trie sur ce qui se lit dans un CV : le titre, les années d'expérience, les noms d'entreprises. Il écarte donc les profils atypiques qui font souvent d'excellents CTO de startup : un ancien fondateur, un lead dev qui a porté seul la direction technique sans en avoir le titre, quelqu'un qui revient d'une expérience entrepreneuriale ratée mais formatrice.

Le deuxième, c'est l'approche elle-même. Un bon CTO en poste reçoit plusieurs sollicitations de cabinets par mois. Votre projet arrive comme un message de plus, présenté par quelqu'un qui ne peut pas répondre à ses vraies questions sur le produit, le code ou les fondateurs. Un message direct d'un fondateur, ou une recommandation d'un pair, a infiniment plus de chances d'ouvrir une conversation.

Le troisième tient au coût. Des honoraires indexés sur le salaire n'incitent pas à négocier au plus juste, et ils pèsent sur votre trésorerie à un stade où chaque mois de runway compte. Les ordres de grandeur de ce que représente un CTO, recrutement compris, sont posés dans combien coûte vraiment un CTO.

Si vous passez par un cabinet : les questions à poser

Un cabinet se choisit sur des faits, pas sur une plaquette. Avant de signer, posez ces questions et écoutez la précision des réponses.

Question à poserBonne réponseSignal d'alerte
Combien de CTO placés dans une structure comparable ?Des exemples précis, à votre stade et votre taille« Beaucoup de profils tech » sans détail
Qui évalue la compétence technique des candidats ?Un consultant au passé technique, ou un pair externeL'entretien de personnalité suffit
Que se passe-t-il si le CTO part pendant sa période d'essai ?Une garantie de remplacement écriteRien de prévu
Puis-je continuer à chercher dans mon réseau en parallèle ?Oui, avec des règles claires sur les candidatsExclusivité totale exigée
Puis-je parler à des fondateurs pour qui vous avez recruté ?Deux ou trois contacts proposés spontanémentRefus au nom de la confidentialité

Le brief est le levier le plus sous-estimé. Un cabinet ne trouvera jamais mieux que ce que vous lui décrivez : l'enjeu du poste, ce que le CTO aura à décider dans ses douze premiers mois, les compromis acceptables. C'est le même travail que celui d'une bonne fiche de poste, que je détaille dans rédiger une fiche de poste de CTO qui attire les bons profils.

Le montage hybride, souvent le plus efficace

Dans la pratique, le meilleur schéma combine souvent les deux. Vous commencez par activer votre réseau pendant quelques semaines : investisseurs, CTO de votre écosystème, anciens collègues. Si ce premier cercle ne produit rien, vous ouvrez une mission de cabinet spécialisé, avec un brief précis et le droit de continuer en direct.

Dans les deux cas, gardez la main sur l'évaluation. Ni un cabinet ni votre réseau ne jugeront à votre place la solidité technique d'un candidat et son alignement avec les fondateurs. Un pair technique extérieur au processus, présent aux entretiens finaux, vaut souvent plus que la meilleure short list. Pour la trame complète d'un recrutement tech, étape par étape, reportez-vous à structurer son process de recrutement.

Et maintenant ?

Où en êtes-vous ?

Choisissez la situation qui vous ressemble. Pour chacune : ce que je vous conseille de lire, et ce que je peux faire avec vous.

  1. Je dois recruter mes premiers profils techniques

    Le premier recrutement conditionne tous les suivants.

  2. Mon équipe grandit et l'organisation ne suit plus

    Ce qui marchait à cinq ne marche plus à quinze.

  3. Personne en interne ne sait arbitrer la technique

    Les choix se prennent sans vous, et vous en découvrez les effets après coup.

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