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CTO fractionnel : 1, 2 ou 3 jours par semaine ?

Rémi Alvado
Rémi AlvadoCTO & CPO Fractional · 20 ans d'expérience
Publié le•5 min de lecture

Combien de jours par semaine pour un CTO fractionnel ? Ce que 1, 2 ou 3 jours permettent vraiment de décider et de livrer, selon votre stade.

CTO fractionnel : 1, 2 ou 3 jours par semaine ?

« Vous viendriez combien de jours par semaine ? » C'est souvent la deuxième question qu'un fondateur me pose, juste après avoir compris ce qu'est un CTO fractionnel. Et elle est presque toujours prise à l'envers : on part du budget disponible pour en déduire un nombre de jours, alors que le dosage devrait découler de ce qu'il y a à décider et à construire.

Un jour par semaine suffit pour décider : arbitrer les choix techniques, cadrer un prestataire, préparer une levée. Deux jours permettent de structurer : recruter, installer des rituels, faire grandir un lead dev. Trois jours deviennent nécessaires quand il faut aussi manager une équipe de six à douze développeurs. Au-delà, le format fractionnel ne tient plus.

Ce qu'est ce format, et ce qui le distingue d'un CTO à temps partiel embauché comme salarié, je l'ai rassemblé dans le guide complet du CTO fractionnel. Ici, on regarde une seule question : le bon dosage, et ce que chaque niveau vous achète réellement.

Le dosage se règle sur les décisions, pas sur la charge de travail

Le réflexe naturel est de compter en volume : trois jours, c'est 60 % d'un temps plein, donc 60 % des résultats. Ce calcul ne fonctionne pas pour un directeur technique. Sa valeur ne se mesure pas au nombre d'heures passées. Elle se concentre sur quelques moments où une décision engage l'entreprise pour des mois : une architecture, un recrutement, un prestataire à garder ou à remplacer, une promesse faite à un investisseur. Entre ces moments, ce qui compte est que l'équipe sache avancer seule.

La bonne question n'est donc pas « combien de temps puis-je m'offrir ? », mais « combien de décisions structurantes tombent chaque semaine, et qui exécute entre deux ? ». Le tableau ci-dessous résume ce que je constate en mission.

DosageCe qu'il permet de déciderCe qu'il permet de livrerLà où il casse
1 jour / semaineArchitecture, choix de prestataire, priorités avant levéeUn cadre de décision, des revues de livraison, un plan à six moisAucun recrutement mené de bout en bout, aucun management
2 jours / semaineTout ce qui précède, plus les recrutements et l'organisationDes rituels installés, un lead dev qui grandit, deux ou trois embauchesUne équipe de plus de six personnes à manager au quotidien
3 jours / semaineTout ce qui précède, plus le management direct de l'équipeUne équipe structurée, des métriques de delivery, un successeur préparéUne production critique ou une équipe de plus de quinze personnes

Ces seuils ne sont pas des règles. Une équipe de huit développeurs très autonomes tient avec deux jours ; une équipe de quatre en pleine crise de qualité en réclame trois pendant quelques mois. Mais ils donnent un point de départ plus juste que le budget.

Un jour par semaine : décider, sans structurer

Un jour par semaine, c'est le dosage de la décision pure. Il convient à un fondateur qui s'appuie sur une agence ou sur un ou deux développeurs, et à qui il manque surtout quelqu'un pour trancher et relire. Sur cette journée, je revois ce qui a été livré, j'arbitre les questions en attente, je prépare les échanges avec le prestataire ou les investisseurs. C'est aussi le rythme typique quand l'essentiel du travail consiste à encadrer un prestataire externe.

Le problème n'était pas le jour de présence. C'étaient les six autres, pendant lesquels toutes les questions attendaient.

un fondateur, le mois où il est passé d'un à deux jours de direction technique

La limite est nette. Un recrutement demande de rédiger la fiche, trier les candidatures, mener les entretiens, organiser une mise en situation puis accueillir la personne : à un jour par semaine, il s'étire sur des mois pendant que les bons candidats signent ailleurs. Et les décisions s'accumulent en attendant le jour de présence, ce qui freine une équipe qui avance vite. Un jour par semaine convient donc à une phase, rarement à toute une mission.

Côté budget, les ordres de grandeur se déduisent du tarif journalier de marché d'un profil senior, entre 1 000 et 1 500 € environ en France : de l'ordre de 4 000 à 6 000 € par mois à un jour, 8 000 à 12 000 € à deux, 12 000 à 18 000 € à trois. Le détail format par format est dans combien coûte vraiment un CTO.

Deux jours : le dosage le plus fréquent, et pourquoi

Deux jours par semaine, c'est le rythme sur lequel je démarre le plus souvent, et celui que je décris en détail dans l'article sur le CTO à temps partagé. Le deuxième jour ne double pas la quantité de décisions : il change leur nature. Une journée sert aux arbitrages et aux rituels, l'autre aux personnes, c'est-à-dire aux recrutements, aux entretiens individuels et au temps passé avec le développeur le plus expérimenté.

Quatre blocs espacés sur une surface claire, dégradés du violet au teal : des jours de présence répartis dans la semaine plutôt qu'accolés.

Un détail d'organisation compte plus qu'on ne le croit : je préfère deux jours séparés, un mardi et un jeudi par exemple, à deux jours consécutifs. L'équipe n'attend jamais plus de deux jours une réponse, et une décision prise le mardi peut être vérifiée dans les faits le jeudi. Deux jours d'affilée donnent une impression de présence plus forte, mais laissent cinq jours de silence derrière.

Deux jours, c'est enfin le minimum pour faire grandir quelqu'un. Un développeur devient lead dev en voyant comment on arbitre et en arbitrant à son tour sous le regard de quelqu'un, pas en lisant une fiche de poste. Cela demande du temps réel avec lui chaque semaine, pas un point de quinze minutes coincé entre deux revues de code.

Trois jours : quand le management quotidien s'ajoute

Le troisième jour ne sert pas à décider davantage : il sert à manager. Au-delà de six développeurs, les entretiens individuels, les points de blocage, les tensions entre deux personnes et le suivi des recrutements réclament une présence que deux jours ne couvrent plus. Si personne d'autre dans l'équipe ne peut porter ce management, le troisième jour devient nécessaire.

C'est aussi le plafond du format. Quatre jours par semaine, c'est un temps plein qui ne dit pas son nom, sans la disponibilité d'un salarié ni le recul d'un intervenant extérieur. Si la situation exige une présence quotidienne, parce que le poste de CTO vient de se libérer ou que la production tombe chaque semaine, il faut changer de format : c'est le rôle d'un CTO de transition, à temps plein pour une durée limitée. Et si c'est la taille de l'équipe qui déborde, la question devient celle du CTO fractionnel en scale-up.

Le bon dosage change en cours de mission

Dernier point, souvent ignoré : le dosage n'est pas un choix fait une fois pour toutes. Une mission bien menée démarre plus fort qu'elle ne finit. Le premier mois demande souvent un jour de plus, le temps de récupérer les accès, de rencontrer chaque personne et de poser un diagnostic, comme je le détaille dans les 30 premiers jours d'une mission de CTO fractionnel. Puis la présence baisse à mesure que l'équipe gagne en autonomie, jusqu'à un jour par semaine en fin de mission.

L'inverse doit vous alerter : une mission où la présence augmente mois après mois sans que l'équipe ne gagne en autonomie est une mission qui fabrique de la dépendance, exactement ce qu'un CTO fractionnel est censé éviter.

Et maintenant ?

Où en êtes-vous ?

Choisissez la situation qui vous ressemble. Pour chacune : ce que je vous conseille de lire, et ce que je peux faire avec vous.

  1. Personne en interne ne sait arbitrer la technique

    Les choix se prennent sans vous, et vous en découvrez les effets après coup.

  2. Mon prestataire est le seul à connaître mon produit

    Personne en interne ne sait reprendre le code ni les serveurs.

  3. Mon équipe grandit et l'organisation ne suit plus

    Ce qui marchait à cinq ne marche plus à quinze.

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