« On fait développer un outil pour l'équipe commerciale, le prestataire avance, mais personne en interne ne sait dire si c'est bien fait. » J'entends cette phrase chez des dirigeants de PME qui ont franchi un cap : ils n'achètent plus seulement des logiciels, ils font construire quelque chose qui leur est propre. Un portail où leurs clients passent commande, un outil de chiffrage, une application pour les techniciens sur le terrain. Et d'un coup, il manque une fonction que l'entreprise n'a jamais eue : quelqu'un qui dirige la technique.
Une direction technique externalisée, c'est un directeur technique expérimenté qui travaille pour votre PME quelques jours par mois, sans être salarié. Il décide ce qu'on construit et comment, pilote les prestataires de développement, protège ce que vous payez et prépare la suite. C'est le bon format quand vous faites construire un outil, pas quand vous gérez votre parc informatique.
Si vous en êtes encore à vous demander quoi digitaliser en premier, le cadre général est dans le guide de la digitalisation PME. Ici, on parle du moment où vous construisez, et de qui tient la barre.
Faire construire un outil, ce n'est pas gérer l'informatique
La plupart des PME ont déjà « de l'informatique » : des postes, une messagerie, un logiciel de gestion acheté à un éditeur, un prestataire qui dépanne. Tout cela relève du système d'information, et la personne qui le pilote s'appelle un DSI. Si c'est ce sujet qui vous occupe (vos outils du marché, votre sécurité, vos contrats), le format adapté est plutôt un DSI à temps partagé, et je le détaille à part.
Construire un logiciel est un autre métier. Dès que vous financez un outil fait pour vous, vous devenez propriétaire d'un actif qui vit, qui se corrige, qui évolue, et qui peut se dégrader si personne ne le surveille. Il faut alors quelqu'un pour trancher des questions que votre prestataire tranchera sinon à votre place : quelle technologie, quel hébergement, quoi livrer en premier, qui pourra maintenir l'outil dans cinq ans. Avant d'en arriver là, vérifiez d'ailleurs que le sur-mesure se justifie vraiment, ce que je traite dans logiciel sur mesure ou du marché pour ma PME.
« Le prestataire livrait des écrans. Personne ne m'avait prévenu qu'on était en train de devenir éditeur de logiciel. »
Ce que fait concrètement une direction technique externalisée
Prenons un négociant en matériaux d'une soixantaine de salariés qui fait construire un portail de commande pour ses clients artisans. Son logiciel de gestion reste chez l'éditeur, son prestataire habituel continue de gérer les postes. Mais le portail, lui, n'a pas de pilote. C'est là qu'intervient la direction technique, sur quatre fronts.
Décider ce qu'on construit, et dans quel ordre. Traduire les besoins des équipes commerciales en une première version réduite, qui rend service vite, puis enchaîner les évolutions selon ce qu'elles rapportent. C'est souvent le travail le plus rentable : il évite de payer des fonctionnalités que personne n'utilisera.
Choisir et piloter les prestataires. Relire les devis, challenger les estimations, vérifier ce qui est livré, dire non quand une demande coûte plus qu'elle ne rapporte. Le prestataire trouve enfin en face de lui quelqu'un qui parle sa langue, et c'est en général une bonne nouvelle pour lui aussi.
Protéger l'actif. Le code sur un dépôt à votre nom, les accès ouverts sous vos identifiants, une documentation que quelqu'un d'autre pourrait reprendre. Ce sont les garde-fous que je décris dans garder le contrôle de son produit délégué, et c'est la direction technique qui les fait tenir dans la durée.
Préparer la suite. Recruter un premier développeur interne quand le volume le justifie, ou organiser une maintenance externe propre quand il ne le justifie pas. Dans les deux cas, l'objectif est que l'entreprise ne dépende plus d'une seule personne, y compris de moi.
Trois façons de tenir la barre
Face à un projet de développement, une PME a en pratique trois options. Aucune n'est absurde dans l'absolu, mais elles ne conviennent pas au même moment.
Laisser le prestataire tout décider
C'est la situation par défaut, et elle fonctionne tant que tout va bien. Le prestataire choisit la technologie, l'hébergement, le rythme, et fixe le prix des évolutions. Vous n'avez aucun moyen de juger si c'est juste. Le jour où la relation se tend, vous découvrez que vous ne possédez ni les accès ni la connaissance de votre propre outil.
Recruter un directeur technique salarié
Pertinent quand une équipe interne de plusieurs développeurs existe et qu'il faut l'animer au quotidien. Pour un premier outil et un prestataire, c'est surdimensionné : un profil senior coûte couramment plus de 100 000 € par an chargés, se recrute en plusieurs mois, et risque de s'ennuyer faute d'équipe à diriger.
Une direction technique externalisée
Le même niveau de décision, à quelques jours par mois. Plus présente au lancement, plus légère une fois l'outil en service. Elle s'arrête quand l'entreprise n'en a plus besoin, ou quand il est temps de recruter en interne, et c'est elle qui prépare ce recrutement.
Dans l'univers des startups, on parle de CTO à temps partagé : c'est le même métier, appliqué ici à une entreprise qui ne cherche pas à lever des fonds mais à rentabiliser un outil. Le vocabulaire change, la logique reste : ce qui vous manque n'est pas une présence quotidienne, ce sont quelques décisions bien prises au bon moment.
Quand ce format n'est pas le bon
Je préfère le dire franchement : ce n'est pas la réponse à tout. Si votre entreprise ne fait rien construire et tourne sur des logiciels du marché, vous n'avez pas besoin d'une direction technique. Un bon prestataire, bien choisi et bien encadré, suffit souvent, et les critères pour le trouver sont dans comment choisir un prestataire informatique en PME.
À l'autre extrémité, si vous avez déjà une équipe de cinq ou six développeurs qui travaillent chaque jour sur votre outil, quelques jours par mois ne suffisent plus. Il faut quelqu'un sur place pour animer, arbitrer, faire grandir les gens. La direction externalisée peut alors servir de transition, le temps de définir le poste et de recruter la bonne personne, mais elle ne doit pas s'y substituer.
Enfin, une direction technique ne code pas votre outil. Si ce qui vous manque est une paire de bras, c'est un développeur qu'il vous faut. Mélanger les deux rôles, c'est perdre le regard indépendant qui fait tout l'intérêt de la fonction.
Comment ça se passe dans une PME
Une mission démarre presque toujours par un état des lieux : ce qui existe, ce qui a été promis, ce qui est réellement livré, où sont les accès et le code. Vient ensuite le cadrage de la prochaine version, puis le pilotage courant, avec un rythme qui baisse à mesure que l'outil se stabilise. Un cabinet d'expertise comptable d'une quarantaine de personnes que j'ai accompagné sur son portail client est ainsi passé de plusieurs jours par mois au lancement à une demi-journée de revue mensuelle un an plus tard. Le déroulé détaillé, étape par étape, est dans comment se passe un accompagnement technique de PME.
Le critère de réussite est simple : au bout du compte, vous savez ce que vous possédez, ce que ça coûte à faire vivre, et qui peut le reprendre. Vous n'êtes plus un client qui subit son prestataire, vous êtes le propriétaire d'un outil.
J'accompagne les dirigeants de PME qui font construire un outil métier ou un portail client, de la décision au passage de relais. Découvrez l'accompagnement PME & digitalisation ou, si une équipe interne est à monter, la création d'équipe tech & produit.
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