Dans beaucoup de PME, l'informatique est tenue par « quelqu'un qui s'y connaît » : le responsable administratif et financier, un associé curieux, parfois le dirigeant lui-même, épaulé par un prestataire qui dépanne. Ça tient longtemps. Jusqu'au jour où il faut changer de logiciel de gestion, où un client important envoie un questionnaire de sécurité de vingt pages, ou où une tentative d'attaque par rançongiciel fait réaliser que personne ne sait si les sauvegardes fonctionnent.
Un DSI à temps partagé est un directeur des systèmes d'information expérimenté qui intervient dans votre PME quelques jours par mois. Il pilote vos logiciels, vos prestataires, votre sécurité et votre budget informatique, sans le coût d'un salarié. C'est le bon format pour une entreprise de 20 à 250 personnes dont l'informatique est devenue critique sans justifier un poste à plein temps.
Si vous cherchez d'abord à situer ce chantier dans votre transformation d'ensemble, le cadre est dans le guide de la digitalisation PME. Ici, on regarde ce format précis : ce qu'il couvre, ce qu'il coûte en temps, et quand il ne convient pas.
Ce qu'une PME attend vraiment d'un DSI
Un DSI n'est pas le technicien qui répare l'imprimante. Le dépannage reste le travail de votre prestataire, et c'est très bien ainsi. Le DSI est celui qui décide et qui pilote : il regarde l'ensemble de vos outils comme un système, fixe un cap, et s'assure que chaque prestataire travaille dans ce sens. Dans une PME, son périmètre tient en six sujets.
Une feuille de route informatique
Où en sont vos outils, ce qui doit changer dans les deux ans, dans quel ordre et pour quel budget. Un document court, que le comité de direction peut lire, plutôt qu'une succession de décisions prises dans l'urgence.
La sécurité et les sauvegardes
Double authentification, sauvegardes testées pour de vrai, plan de reprise en cas d'attaque, réponses aux questionnaires des clients. La directive européenne NIS2 étend d'ailleurs ces obligations à de nombreuses entreprises moyennes de certains secteurs.
Les prestataires et les contrats
Infogérance, éditeurs, opérateurs télécom : relire les contrats, fixer des délais de réponse, prévoir la sortie. Et reprendre la main quand un prestataire ne répond plus.
Le logiciel de gestion et les outils métier
Choisir un nouveau logiciel de gestion, mener le changement sans arrêter l'activité, faire communiquer les outils entre eux pour supprimer les doubles saisies.
Le budget et les licences
Savoir ce que coûte vraiment l'informatique, repérer les abonnements que plus personne n'utilise, présenter des arbitrages clairs plutôt qu'une ligne de dépense opaque.
Le parc et les usages
Renouvellement des postes, téléphonie, accès à distance, arrivée et départ des salariés. Des règles simples, écrites une fois, que le prestataire applique ensuite sans vous solliciter.
Aucun de ces sujets ne demande une présence quotidienne. Ils demandent quelqu'un qui connaisse le terrain, qui ait déjà vu passer des dizaines de contrats et de changements de logiciel, et qui soit là aux moments où une décision engage l'entreprise pour plusieurs années.
Temps partagé : combien de jours, pour quoi
En régime courant, un DSI à temps partagé intervient en général deux à quatre jours par mois : une journée de pilotage avec les prestataires, du temps pour la feuille de route et le budget, et une disponibilité pour les urgences. Pendant un gros projet, comme un changement de logiciel de gestion, le rythme monte temporairement, puis redescend.
2 à 4 jourspar mois : le rythme courant d'un DSI à temps partagé dans une PME, hors période de grand projetLa comparaison avec un recrutement se fait vite. Un DSI salarié expérimenté représente couramment plus de 100 000 € par an une fois chargé, et une PME de quatre-vingts personnes a rarement de quoi l'occuper à plein temps. Le temps partagé vous donne le même niveau de décision, dimensionné à votre besoin réel.
Un exemple. Une entreprise de transport de quatre-vingt-dix salariés s'apprêtait à changer de logiciel d'exploitation. En préparant le projet, le DSI à temps partagé a découvert que les sauvegardes du serveur n'avaient pas été vérifiées depuis deux ans, et que le contrat d'infogérance ne prévoyait aucun délai d'intervention. Les deux sujets ont été réglés avant de lancer le changement de logiciel, et c'est précisément ce genre de risque silencieux que ce format sert à débusquer.
DSI à temps partagé ou direction technique externalisée ?
Les deux formats se ressemblent sur le papier : un profil senior, quelques jours par mois. Mais ils ne répondent pas au même problème. Le DSI pilote un système d'information composé surtout d'outils achetés : logiciels du marché, messagerie, postes, sécurité, prestataires. Son métier est de faire tourner, de sécuriser et d'arbitrer.
La direction technique externalisée, elle, sert les PME qui font construire quelque chose de propre : un portail client, un outil de chiffrage, une application terrain. Son métier est de décider ce qu'on développe, de piloter les développeurs et de protéger la propriété du code. Beaucoup de PME n'ont besoin que du premier. Celles qui se lancent dans le développement ont souvent besoin des deux, et un même intervenant peut tenir les deux rôles s'il en a l'expérience.
Les signaux qu'il est temps
Il n'y a pas de seuil de chiffre d'affaires ou d'effectif magique. Il y a en revanche des situations qui reviennent chez presque toutes les PME qui franchissent le pas :
- un client ou un assureur vous demande de justifier votre niveau de sécurité, et personne ne sait répondre ;
- un changement de logiciel de gestion est dans l'air depuis deux ans, sans que personne ose le lancer ;
- la facture informatique augmente chaque année sans qu'on sache expliquer pourquoi ;
- toute la connaissance repose sur une seule personne, en interne ou chez le prestataire ;
- vous ne savez pas dire si votre prestataire actuel est bon, et encore moins comment en changer.
Si deux ou trois de ces phrases vous parlent, le sujet mérite d'être posé. Pour le choix des prestataires, les critères sont dans comment choisir un prestataire informatique en PME, et pour la séquence d'ensemble, dans par où commencer votre transformation digitale.
Ce que ce format ne fait pas
Un DSI à temps partagé n'assure pas le support au quotidien ni l'astreinte de nuit : ces missions restent chez votre prestataire, que le DSI encadre. Il ne remplace pas non plus une direction informatique interne quand l'entreprise dépasse une taille où plusieurs personnes gèrent l'informatique chaque jour. À ce stade, il faut un DSI salarié, et le temps partagé peut servir à préparer ce recrutement.
Il ne fait pas de miracle sur un budget sous-dimensionné, mais il le rend lisible. Répartir la dépense entre ce qui fait tourner l'existant, ce qui construit et ce qui rattrape le retard est souvent son premier chantier, et je détaille cette grille dans comment répartir le budget informatique d'une PME.
J'interviens auprès des dirigeants de PME pour piloter le système d'information quelques jours par mois : feuille de route, sécurité, prestataires, budget. Découvrez l'accompagnement PME & digitalisation, ou réservons 30 minutes pour en parler.
Et maintenant ?
Où en êtes-vous ?
Choisissez la situation qui vous ressemble. Pour chacune : ce que je vous conseille de lire, et ce que je peux faire avec vous.
Mon entreprise doit se digitaliser, sans savoir par quel bout
Commencer par ce qui rapporte, pas par l'outil le plus visible.
Personne en interne ne sait arbitrer la technique
Les choix se prennent sans vous, et vous en découvrez les effets après coup.
Mon prestataire est le seul à connaître mon produit
Personne en interne ne sait reprendre le code ni les serveurs.
ou appelez-moi au 06 20 52 03 69
