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EntrepriseRenault

Chez Renault, le designer auto passe du marqueur au prompt

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Le directeur du design de Renault raconte comment l'IA générative a remplacé le rendu Photoshop : dix minutes au lieu d'un à deux jours, et des dizaines de variantes pour arbitrer. Le coup de crayon, lui, reste humain.

Ce que c'est. Une table ronde organisée par Renault le 24 septembre 2026, en avant-première du Mondial de l'Auto, rapportée par Numerama. Alexandre Malval, directeur du design de la marque depuis neuf mois, y décrit comment ses studios travaillent avec l'IA générative. Le problème que ça résout : un rendu réaliste d'une voiture, celui qui permet à une direction de se projeter, coûtait une demi-journée au marqueur, puis un à deux jours sous Photoshop. Aujourd'hui les designers glissent un croquis dans des modèles d'image spécialisés, nourris de l'univers de la marque et d'inspirations (mobilier, architecture, textures). En quelques minutes la machine sort des dizaines de variantes, extrapole l'arrière d'une voiture à partir d'un croquis de l'avant, ou anime le véhicule dans un petit film de quelques secondes. Ce qui est nouveau, ce n'est pas l'outil : c'est qu'un constructeur généraliste dise publiquement que c'est devenu le mode de travail par défaut.

Pourquoi c'est sympa. Le concept Renault 8 Gordini présenté ce jour-là a été dessiné « à l'ancienne », sans IA. Elle n'a servi qu'en bout de chaîne : produire les visuels hyperréalistes (une scène de nuit sous la pluie, par exemple) qui ont convaincu la direction de valider le projet. Malval le dit sans détour : ça sert « à séduire, à donner envie à des gens qui n'ont pas notre formation ». Autrement dit, l'IA a d'abord fait baisser le coût de l'exploration et celui de la conviction, pas celui du dessin.

À quoi ça sert. Transpose à un produit logiciel. Tu as une idée d'écran un peu osée, et tu sais qu'un comité la retoquera sur une maquette grise. Tu prends le croquis, tu génères dix variantes réalistes dans le contexte réel d'usage, tu montres celle qui donne envie. L'arbitrage se fait sur une image que tout le monde comprend, pas sur un wireframe abstrait. Chez Renault, l'étape suivante est la génération d'esquisses 3D, pour l'instant bloquée par la confidentialité des données envoyées dans le cloud.

Pour quels projets. Les équipes produit et design qui passent trop de temps à produire des rendus pour convaincre, et pas assez à décider. Les limites sont dites par Renault lui-même : le dessin reste « la façon de réfléchir », sans intention initiale l'IA tourne à vide, et face à cinquante propositions il faut quelqu'un capable de choisir. Le métier glisse de l'exécution vers la direction artistique. Et la question de confidentialité qui bloque la 3D chez Renault se posera chez toi dès que tes croquis montrent un produit non annoncé.

Rémi AlvadoMon avis

C'est ça que j'adore faire aussi en début et fin de mission : des maquettes pour se projeter rapidement au démarrage et qui ne coutent quasiment rien à produire puis une vidéo promo en fin de projet pour former les équipes et donner envie d'utiliser l'outil

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